Les émotions sont un peu retombées, je peux enfin écrire quelques lignes sur le matche.
Smuda avait choisi d'aligner une formation très défensive pour enrayer la machine à attaquer russe. Il a réussi son pari même si le but adverse a été marqué sur une erreur de marquage impardonnable à ce niveau. On sent parfois un manque de coordination et de communication entre défenseurs. Je ne sais pas si c'est un problème de langue ou d'automatismes, mais la couverture mutuelle ne fonctionne pas toujours très bien. Autre problème : l'équipe a parfois trop reculé laissant les Russes s'approcher trop près du but polonais.
Sur le plan de la combativité, mention spéciale à Wasilewski et Dudka qui en deuxième mi-temps a vraiment régné en maître dans sa zone et qui a été à l'origine de nombreux mouvements en accélérant après avoir récupéré le ballon.
En première mi-temps, on avait l'impression que la Pologne avait peur d'aller de l'avant et de trop se découvrir, que l'enjeu freinait leur élan. Lewandowski s'est démené comme un diable sur le front de l'attaque, il a énormément pesé sur la défense russe et a pris beaucoup de coups en début de matche notamment (l'arbitre aurait pu siffler deux ou trois coup-francs de plus en sa faveur). Cette dépense d'énergie l'a privé de la lucidité nécessaire pour finir une ou deux actions en deuxième mi-temps.
Au milieu de terrain, Polanski a fait également un gros matche sur le plan défensif tout en essayant de ressortir proprement les ballons de la zone défensive. Murawski est monté en régime pendant le matche et a fait une belle deuxième mi-temps. Obraniak s'est bien battu mais n'a pas été très inspiré sur le plan offensif en ratant de nombreuses passes "faciles". Il a distillé quelques bon coups de pieds arrêtés. Mierzejewski a effectué une bonne rentrée (à la place de Dudka blessé) en tentant de trouver des solutions offensives, en accélérant le jeu.
Błaszczykowski. Sur le plan défensif, rien à redire sur l'ensemble du match. Sur le plan offensif, il a eu une première mi-temps difficile où il avait du mal à se trouver avec ses partenaires. Puis, il a fait ce qu'on attend des grands joueurs en deuxième mi-temps en frappant un grand coup. Emotion indicible dans le stade quand la Pologne a égalisé, j'en frissone encore.
L'ambiance était "chaude" dans le stade et tendue en dehors. Entre le rond-point De Gaulle et le stade, en particulier sur le pont Poniatowski, des groupes d'hooligans faisaient les aller-retours pour provoquer, éventuellement se taper dessus ou s'en prendre au hasard à des supporters, alors que la police veillait à intervalles réguliers. Nous avons vu trois personnes gisant par terre inanimées, des jeunes d'une vingtaine d'années.
Par rapport aux 200 000 personnes (zone où il y avait l'écran géant + personnes qui sont allées au stade) qui étaient présentes dans le centre de Varsovie à ce moment et qui se sont amusées et comportées de manière pacifique, le nombre de personnes impliquées dans les échauffourées est marginal, mais cela laisse un goût amer.
Du fait de son attitude à Wroclaw lors du match Russie-Rép. Tchèque (4 membres de la sécurité polonaise blessés après avoir tenté d'arrêter le supporter russe ayant lancé un fumigène sur le terrain), le kop russe s'est fait hué et sifflé à Varsovie pendant tout le match. Dès que ce kop commençait à chanter, tout le stade sifflait. L'animosité entre le kop et le reste du stade était palpable. Ce kop a déroulé en début de match un immense drapeau (comment ont-ils pu le faire entrer à l'intérieur du stade?) représentant selon certains un héros russe du 17ème siècle qui a avait chassé les Polonais de Moscou - [
fr.wikipedia.org]-, selon d'autres un personnage d'une légende russe. En tout cas, le personnage représentait un guerrier et en bas de drapeau, il était écrit : "This is Russia". J'ai trouvé ce kop aggressif, en particulier quand il scandait : "Rasiya", "Rasiya", "Rasiya".
Par contre, avec les groupes de supporters russes que j'ai vu autour de nous, il n'y a eu aucun problème.
Très beau soutien des supporters polonais, même si comme ma fille l'a remarqué, il y a eu des moments où on sentait que l'enjeu paralysait non seulement les joueurs mais aussi les supporters qui regardaient nerveusement ce qui se passait sur le terrain et oubliaient de jouer leur rôle de douxième homme.
Le stade est vraiment impressionnant!